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mardi 22 novembre 2011

À CISM vendredi 25 novembre

 Ce vendredi 25 novembre de midi à 13h, David Murray recevra à l'émission Les rejetons de Gérard Lambert Isabelle Baez (Maté, Le Quartanier, 2011) et moi-même, Jacinthe Laforte, pour discuter du rôle que peut jouer la littérature dans une démarche de conscientisation politique.

À écouter en direct ou en baladodiffusion, sur les ondes de CISM 89,3 (à Montréal) ou par Internet!

À propos de Maté de Isabelle Baez:
On devine rapidement que l’auteure elle-même s’intéresse de près aux questions politiques et sociales. Depuis déjà quelques années, elle participe au journal satirique Le Couac pour lequel est écrit des articles sur la brutalité policière et le droit des immigrants et réfugiés.

L’auteure n’hésite pas à glisser dans son roman quelques éléments puisés à même l’actualité. Ainsi, le chemin de Nina croisera également celui de Pierre-Paul Parenteau, le PDG d’un conglomérat médiatique québécois qui, contrairement à son père, fondateur de l’entreprise, se soucie moins du bonheur de ses employés que de la rentabilité de la compagnie.  Le roman met évoque également Gold Is All, une compagnie minière canadienne qui fait interdire la publication d’un livre dans lequel ses activités en Afrique étaient décriées
.
Extrait de Catherine Lavoie sur pieuvre.ca

À propos de Cité Carbone :
J'ai frémi en découvrant la communauté des Palettes, bidonville de laissés-pour-compte installé sur les lieux d'un ancien dépotoir, à la limite Est de la ville, histoire de donner l'illusion que le problème des itinérants a été éradiqué. Je me suis attachée à Marie-Sophie, gosse de riche qui rejette les étiquettes et se révolte contre les atrocités de notre monde. J'aurais voulu serrer Yohann dans mes bras, le remercier silencieusement pour l'amour inconditionnel qu'il porte à cette mère déchue, cette écoute qui semble naturelle chez lui. J'aurais secoué un brin Wang et lui aurais rappelé que dans « amour libre », il y a aussi le mot amour.
Extrait de Lucie Renaud, rédactrice de la Recrue du mois, sur Clavier bien tempéré

mardi 25 octobre 2011

Mais laissez-moi tranquille!

L'autre soir, j'étais encore à travailler à l'ordinateur, après le souper. Le téléphone sonne. Amnistie Internationale de Toronto (à qui je donne 5$ par mois automatiquement sur ma carte de crédit, qui elle-même en est une qui donne un pourcentage et 20$ annuellement à Amnistie du Québec). La fille anglophone au bout du fil a l'air écoeurée de son travail, elle me parle des massacres en Syrie et du travail d'Amnistie. Moi, je suis fatiguée, un peu déprimée cette journée-là, et je l'écoute avec oppression me parler des massacres en Syrie...
- Est-ce que vous accepteriez d'augmenter votre don mensuel?

La fille a vraiment l'air de détester son travail, je la comprends, et moi je suis écrasée par le poids du monde, mon incertitude totale par rapport à mes revenus des prochaines semaines et un peu d'apitoiement d'écrivaine méconnue.
- No, I can't afford it. Thank you for your work.
- Et même si c'était un ou deux dollars de plus chaque mois pour nous aider à continuer notre travail?
La fille a l'air de me détester, je me ferme complètement.
-No.

Nous raccrochons. Je suis en colère contre cette chipie... Puis je m'arrête: Je n'ai pas les moyens de donner 1$ de plus par mois pour les droits humains?

Croyez-le ou non, j'ai rappelé le centre d'appel d'Amnistie et j'ai fait augmenter mon don de 1$ par mois. La précarité dans laquelle je vis est une richesse incroyable et tout est une question de point de vue. (ET JE TIENS À DIRE QUE J'APPUIE AMNISTIE ET TOUS SES EMPLOYÉS ET BÉNÉVOLES.)

Mais comment rester ouvert quand il y a une telle sursollicitation? J'ai besoin de changer d'attitude, car en ce moment, j'en veux à tous les jeunes qui me ressemblent étrangement et qui me sollicitent des dons sur la rue et les stations de métro, pour des causes toutes plus nobles les unes que les autres. Mais laissez-moi tranquille! Ça va toucher le point sensible de cette maladie d'écolos (dont je souffre) qui ont l'impression de n'en jamais faire assez (autre billet à venir là-dessus).

Cela étant dit, je m'attèle au défi de faire connaître mon roman à un public plus large, en accord avec mes valeurs. Intéressant processus.

mercredi 14 septembre 2011

Une méchante entreprise - Du libéralisme et de l'anarchisme

Je suis un peu en retard parce que je suis davantage en vélo qu'en métro ces temps-ci, et que c'est dans le métro que j'achète ce magazine: dans le numéro du 1er septembre de l'Itinéraire, le camelot Norman Rickert parle de Cité Carbone, son coup de coeur.

Par hasard, il s'agit d'un numéro sur le thème: "Museler ces plumes qui dérangent". L'article principal rapporte les propos de Valérie Lefebvre-Faucher, l'éditrice d'Écosociété, et de Michel Brûlé, éditeur entre autres des éditions portant son nom.

Points soulevés:
- les médias ignorent parfois délibérément les oeuvres polémiques;
- les auteurs laissent parfois tomber leur projet de livre par peur des représailles;
- la fameuse poursuite-bâillon intentée par Barrick Gold contre Écosociété et les auteurs de Noir Canada;

- il n'y a plus grand chose qui choque le public; la question nationale québécoise serait peut-être un des seuls sujets tabous.
- les maisons d'édition ont de la difficulté à obtenir des subventions pour des essais ou lorsque les thèmes abordés sont dérangeants;

Cette fameuse question des subventions. Faut-il se battre pour que l'État en donne plus ou faut-il s'en libérer et trouver d'autres manières de se financer? Ne s'agit-il pas là d'une question tabou? ;)

Au fil de coups de téléphone et de courriels demandant des informations à gauche et à droite, j'ai découvert une possibilité pour un livre à compte d'auteur d'être distribué dans les librairies (autrement qu'en allant les porter à la pièce). L'Alliance québécoise des éditeurs indépendants, au nom de la bibliodiversité, offre ce service. Adhésion annuelle modique de 10$. La remise au diffuseur (Benjamin) est même inférieure qu'avec les autres entreprises (17% au lieu de 20%). Cité Carbone sera donc distribué dans les librairies à partir du 1er novembre. L'éditeur indépendant est celui qui ne reçoit pas de subventions.

Moi qui suis présentement en lancement de mon "entreprise" comme travailleuse autonome, je lis toutes sortes de livres présentement en lien avec la petite business. Cadre de référence assez différent des organismes communautaires où j'ai travaillé, où je me suis impliquée! En même temps, c'est fascinant de voir comment les catégories peuvent être brouillées: dire non aux subventions, ça peut être de l'ultralibéralisme comme ça peut être une position anarchiste, autonomiste (je ne suis pas experte dans les nuances de ces termes, corrigez-moi s'il le faut)... L'entrepreneur dit: "J'y vais, je n'attends pas après qui que ce soit, je mets en oeuvre ce projet qui me passionne pour gagner ma vie" et l'anarchiste dit : "J'y vais, je n'attends pas que les 'autorités' le fassent, je passe à l'action pour améliorer le monde dans lequel je vis". La différence entre les deux, ce serait une vision plus individualiste pour le premier et plus collective, fondée sur l'entraide, pour le deuxième?

Le Réseau pour la simplicité volontaire, pendant les années où j'y travaillais, ne recevait pas de subvention du gouvernement et à peine quelques centaines de dollars de contributions de certaines communautés religieuses. Autrement, financé par les contributions des membres. Pour garder notre autonomie, aussi parce que nous cadrions mal dans les programmes existants (un organisme qui crée un seul emploi à 3 jours par semaine, quand les programmes visent le temps plein et la croissance...). Il y a d'autres exemples d'indépendance remarquable et à plus grande échelle, comme Amnistie Internationale ou Avaaz. Est-ce la voie de l'avenir, avec nos gouvernements qui coupent? Mais est-ce que ça ne ressemble pas au modèle "la charité financée par le privé" (le privé étant dans ce cas-ci les individus, donc ça revient à une autre manière de "financement public"...).


J'entendais récemment une formatrice en lancement d'entreprise affirmer que les affaires, c'est du maillage humain, rien de plus. Est-ce que l'entreprise privée, menée avec éthique, peut être génératrice et distributrice de la richesse?



Il y a tout un courant qui prône l'abondance. Qui affirme qu'on doit dédiaboliser l'argent, qu'il y a suffisamment d'abondance dans l'univers pour tout le monde. J'ai toujours été réticente à cette approche. Est-ce qu'on parle de l'abondance des actionnaires de Wall Street, dont les profits sont parfois tirés de la déstabilisation complète de la monnaie d'un pays, du ravage d'une forêt vierge, de la guerre africaine pour les minéraux? Non, non et non, pas acceptable!

Mais je crois qu'il y a du vrai dans cette notion d'abondance, si on ne la définit par des voitures décapotables et des piscines olympiques en plein désert. Que la Terre peut nourrir, sobrement mais suffisamment, les humains (précisons: s'ils utilisent un contrôle des naissances et ne s'acharnent pas à tenir en vie des personnes dont le corps ne suit plus). La notion d'abondance doit absolument être jointe à une honnêteté rigoureuse face aux conséquences de "l'exploitation des richesses". Un des livres de business que j'ai lu (Le coeur aux ventes de Jean-Pierre Lauzier (oui, je lis ça!)) soulignait l'importance de cultiver en priorité le désir de sincèrement aider le client. Je crois que ces mêmes générosité et bienveillance doivent prioritairement revenir à la base des affaires des multinationales! Est-ce possible que les immenses corporations se soignent de leur cruelle dépendance au profit à tout prix?

Ces quelques lignes brossent à peine l'intégration que je sens en train de se faire en moi. Je ne crois pas qu'il soit utile de diaboliser quelque courant que ce soit, de s'accrocher à une idéologie ou une autre. En même temps, suis-je en train de me transformer en "méchante entreprise"? Boycottez-moi, quelqu'un!

mercredi 7 septembre 2011

L'imperfection du premier roman

Lucie Renaud, collaboratrice de La Recrue du mois a  fait sur son blogue "Clavier bien tempéré" un très beau commentaire sur Cité Carbone.

Plus j'y pense, et plus son commentaire me fait du bien. Il y a que je ne connais pas du tout Lucie Renaud (qu'on le veuille ou non, quand le commentaire vient d'un ami, on peut toujours penser que ce n'est pas tout à fait impartial). Mais il y a surtout que j'y lis la reconnaissance du droit à l'imperfection d'un premier roman.

Bien sûr, il y a plein de romans qui sont publiés, premiers ou non, qui sont imparfaits. Qu'est-ce que la perfection, d'ailleurs? Le goût entre pour beaucoup dans l'appréciation d'une oeuvre littéraire, il va sans dire.

Mais ça me fait du bien, de lire que "la plupart des premiers romans sont imparfaits... et c'est peut-être en partie ce qui fait leur charme.  En même temps, il y a quelque chose de particulièrement touchant à lire un auteur pour la toute première fois, à tenter de discerner sa voix, ce qui deviendra sa voie."

Peu importe le projet, l'oeuvre, lançons-nous dans le monde. On y apprendra toujours bien quelque chose.

jeudi 25 août 2011

Samedi 27 août, Cité Carbone à la Sauterie de Boucherville

Ce samedi, de 10h à 16h je tiendrai compagnie à mes amis de Boucherville en transition qui auront un stand à la fête municipale de Boucherville. Je crois qu'il y aura du monde, car la Sauterie propose des tours de voilier pour les enfants, une kermesse, des simulations de fouilles archéologiques, etc. Je me demande si c'est ouvert aux non Bouchervillois...Place de l'Église Sainte-Famille, Boucherville. L'autobus 81 part du métro Longueuil, on s'y rend en une quarantaine de minutes.

À 14h, je donnerai une présentation "Vivre et manger à l'échelle locale", au nom d'Aliments d'ici. Bienvenue!

Le mouvement des villes en transition propose une approche inclusive, progressive et créative pour rassembler les gens dans une démarche collective d'indépendantisation par rapport au pétrole.Tiré de leur site:
"Le mouvement de Transition est né en Grande-Bretagne en septembre 2006 dans la petite ville de Totnes. L'enseignant en permaculture Rob Hopkins avait créé le modèle de Transition avec ses étudiants dans la ville de Kinsale en Irlande un an auparavant. Il y a aujourd'hui des centaines d'Initiatives de Transition dans une vingtaine de pays réunies dans le réseau de Transition (Transition Network)." Il y a 14 initiatives de transition au Québec.

Quand j'ai vu des animations par ces gens-là, j'ai aimé le fait qu'ils incluent dans la démarche l'aspect psychologique, sans condescendance. C'est dur, de changer! Mais le mouvement de transition propose des exercices de visualisation qui sont ludiques et qui permettent de concevoir une autre manière de vivre, dans ce qu'elle aura de convivial et de signifiant.

Cité Carbone, vraiment, ce n'est qu'une manifestation d'un mouvement qui existe pour vrai!

J'ai bien hâte de passer cette journée à Boucherville avec ces nouveaux amis. D'ailleurs, l'un d'eux a un blogue: Manger sans pétrole, qui donne de nombreux liens vers des vidéos et articles pertinents.



Aujourd'hui: déshydratation de pêches de l'Ontario.  (Le photographe indique que cette photo appartient à l'univers. Libre de droits!)

mercredi 24 août 2011

Un livre, est-ce écologique?

J'ai eu un réel questionnement éthique, quand je suis allée chercher mes livres (la deuxième impression; j'imagine que j'étais trop énervée à la première pour y penser): l'odeur de produits toxiques est intense dans les locaux de l'imprimeur. Je me suis dit: mais comment même la CSST permet cela? Comment, au Québec, des gens acceptent de travailler sans masque dans une telle ambiance?

Je ne m'étais pas trop préoccupée du fait d'imprimer un livre papier, parce qu'il serait en papier 100% recyclé. J'avoue que ça ne doit pas être de l'encre non toxique "vous pouvez manger votre livre sans problème!". Non, ne mangez pas Cité Carbone.

Le ebook, alors? Il y a une chose méconnue sur la technologie: les minéraux qui la composent sont directement liés à des guerres, des meurtres, une dévastation écologique épouvantable, des violations des droits humains et des peuples autochtones en particulier (voir Noir Canada de Alain Denaud, Éditions Écosociété). Eh oui, les tablettes électroniques sont encore plus grandes et moins chères cette année. Les cellulaires, comme les ordis, sont quasiment jetables. Mais VRAIMENT, ça vaut la peine de s'en passer! Ça vaut la peine de garder son cell, son ordi un an de plus!

Mais il y a de l'espoir par la révolution technologique, comme nous l'apprend cette petite vidéo à visionner absolument: http://www.youtube.com/watch?v=Q_uaI28LGJk. Et qui me conforte dans le choix d'avoir un livre en papier. (Cela dit, moi qui ai un blogue qui nécessite un ordi, moi qui travaille grâce à l'ordi, je vais peut-être aussi faire passer Cité Carbone au livre électronique... Mais pas de cellulaire en vue, pas pour le moment! Les objecteurs radicaux font au moins l'illustration de la possibilité de vivre différemment. Mais cette tension entre le vivre avec, vivre sans, vivre en dehors, vivre contre... Il faut vivre, j'imagine, et accepter les contradictions. Mais soyons vigilants, non à la complaisance! Un peu de tonus pour vivre selon nos valeurs profondes!)

Salade exclusivement de mon balcon! Sauf la vinaigrette.

jeudi 11 août 2011

Ce SAMEDI 13 août au marché Frontenac, près du métro Frontenac!

Cette fois-ci, ça devrait être vrai! Je serai au marché solidaire Frontenac ce SAMEDI 13 AOÛT de 10h à 16h30. Le samedi, le marché Frontenac est sur la rue Ontario au coin d'Iberville (à 3 minutes du métro Frontenac. D'ailleurs, connaissez-vous la bibliothèque Frontenac, juste en sortant du  métro? Elle est très belle.)

À mon stand:
*Le roman Cité Carbone (Qui achètera le premier livre de la nouvelle impression? Bon Dieu, je devrais faire un concours avec ça! Tiens, allons-y: la personne qui achètera le premier exemplaire de la nouvelle impression gagnera un plant de laitue cultivé sur mon balcon! (Ah, ce qu'on peut se bidonner dans la vie!))
25$ (20$ pour les étudiants).

*Le numéro Été 2011 du journal Objecteur de croissance, publié par le Mouvement québécois pour une décroissance conviviale (et des exemplaires d'autres numéros également).
2$ chacun

*J'en profiterai aussi pour faire connaître Aliments d'ici, qui d'ailleurs proposera très bientôt une commande de poires biologiques québécoises moins chères la livre que les fruits importés.

Et, surtout, le plaisir de vous voir, de jaser avec vous.

Si je me fie à ma dernière visite, il y a aussi des fruits et des légumes bio et locaux et des savons artisanaux, entre autres choses.

À samedi!




jeudi 4 août 2011

Reporté à la semaine prochaine! - Cité Carbone au marché solidaire Frontenac

Je vais demain matin chercher les boîtes de la deuxième impression de mon bébé. Il est pareil, avec seulement cinq coquilles en moins... J'ai le goût de célébrer ça, peut-être une petite fête cet automne, pour la rentrée?
ATTENTION, C'EST REPORTÉ À LA SEMAINE PROCHAINE!
En attendant, vous pouvez venir me voir avec mes livres ce dimanche, 7 août, au marché solidaire Frontenac. Pensez à moi si vous avez un cadeau à offrir! Attention, le marché n'est pas pas au même endroit le vendredi et le samedi. Le dimanche, le rendez-vous est à l'angle des rues Rachel et Fullum, entre 11h et 17h. Il y a une piscine juste à côté, pour les intéressés. Et des fruits et légumes locaux, si je ne m'abuse ce sont ceux cultivés dans les jardins du quartier!

Aussi, si vous êtes sur Facebook, je vous invite à aller "aimer" Cité Carbone ("un peu d'amour, ça ne fait pas de tort!" comme le chante Richard Desjardins dans Boomtown Café, et ça pourra m'aider beaucoup pour ma campagne médias de la rentrée).

J'ai plein de choses à dire, sur le travail, l'argent, les amis, le camping, la nature, l'amour, l'écriture, les prêts sans intérêts, la confiance, la foi, la joie, l'organisation du temps, l'arnarchisme, la communication, la visualisation, la Vie dans un monde dominé par la droite, le Guatemala, Pointe-Saint-Charles, la voisinage, l'aide sociale, la paix dans le monde... Mais j'ai des contrats à terminer pour demain, alors ce sera pour une autre fois!

Je vais me contenter de vous donner des nouvelles de mes laitues de balcon:
Onze jours après avoir été semées

À 18 jours



Ça vaut la joie de commencer!

mardi 19 juillet 2011

De l'endettement et du jardinage

Cette aventure d’autoédition me fait beaucoup réfléchir sur les questions de l’entreprenariat, de l’argent, de l’endettement. 


Il y a la logique de l’économie d’échelle : si j’imprime 500 livres, chacun revient à 2,30 $ de moins que si j’en imprime 100.  Mais ça ne se vendra pas immédiatement, alors ça veut dire investissement (endettement). Et je dois investir autant d’énergie pour que ça bouge, pour les vendre. Et puis il y a le risque que ça ne se vende pas.


Crédit: Pop Weasle
Il y a la logique « au jour le jour » ou presque : si j’en fais imprimer seulement 100, je n’ai qu’à en vendre 35 pour payer l’impression; plus rapidement, il y aura de l’argent pour rémunérer l’éditrice et l’auteure. S’il y avait plusieurs réimpressions d’une centaine d’exemplaires, ça ferait de l’argent « perdu » en raison du petit nombre. Mais en même temps, jongler avec de petits nombres, c’est beaucoup moins stressant (les projets à échelle humaine ont cela de bon qu’ils permettent plus facilement d’avaler que l’erreur est humaine; quand les projets ont l’envergure d’un stade Olympique, c’est plus difficile). Et l’endettement, ça donne vraiment l’impression de marcher sur un trottoir de coquille d’œuf, avec un grand trou en dessous…  En fait, tout cela me fait penser aux petits marchands et marchandes que j’ai vus au Guatemala : je présume qu’ils vont acheter quotidiennement le contenu de leur petit étalage ambulant; aucune économie de volume – mais de quoi acheter à manger au jour le jour. En espérant qu’ils n’aient pas à s’endetter pour survivre!


Cela m’amène à parler de Congé de cuisine, un restaurant atypique du quartier Rosemont, à Montréal, dont je connais la propriétaire, Patricia Lamas. Elle a choisi de ne pas continuer à travailler en entreprise pour plutôt réaliser son rêve d’être chef d’un resto convivial qui sert de la cuisine concoctée avec soin, avec recherche (et délicieuse!) et où les clients et la chef ont une vraie relation. Au début, les heures du restaurant ressemblaient à ce qu’on connaît normalement, du matin au soir. Elle engageait une serveuse et travaillait elle-même des heures de fou. Et ce n’était pas rentable! Les organismes gouvernementaux qu’elle a consultés lui suggéraient : « Investis 50 000 $ dans la devanture, la décoration et la publicité! C’est ça, la clé! » Elle a plutôt choisi une solution « décroissante » : des heures d’ouverture limitées, pas de personnel à part elle-même jusqu’à ce que ce soit rentable. Afin de pouvoir retrouver un peu d’équilibre et de passer du temps avec sa famille. 


De la même façon qu’on offre des cartes de crédit aux étudiants, il semble qu’en affaires, la règle soit l’investissement. N’est-ce pas d’ailleurs à ça que ça sert, la bourse, les actions? Pour financer anonymement des entreprises, dont finalement on ne sait rien des activités, des impacts environnementaux et sociaux… Un système qui fonctionne sur les dettes, ça fait des diplômés très fortement incités à aller travailler 40 heures semaines, peu importe l’entreprise, en raison des 20 000 $ et plus de prêts étudiants à rembourser. Et parce qu’on a le goût de se les payer, les biens de consommation dont on s’est relativement privé pendant les études. Tout le monde à bord du train-train!


http://www.photo-libre.fr
Serge Mongeau racontait que pendant les années où il a vécu à l’île d’Orléans, il a peu à peu construit un grand jardin. Au départ, la terre n’était pas très fertile, mais à force de l’engraisser avec le compost issu de la consommation de la maison et de la toilette à compost (oui, oui! Je n’ai pas inventé ça, dans Cité Carbone, ça existe pour vrai!), peu à peu, elle est devenue très riche. Il n’a pas fait venir des chargements de camion de terre fertile, ni utilisé d’engrais chimiques. Je trouve l’image intéressante : soit on fait des projets trop gros pour nous, à crédit, et qui peuvent nous déstabiliser, soit on y va petit à petit, on voit comment les choses se font, on apprend, on construit à partir de la base. Ça ne correspond pas au « tout de suite! » qui caractérise notre société. Je me dis que ça ancre davantage dans la réalité, au lieu d’attacher nos rêves à des bulles de mégalomanie qui visent à prouver qu’on est quelqu’un.


Par ailleurs, j’ai été très inspirée par le jardin du Marché solidaire Frontenac, au coin des rues d’Iberville et Ontario. Ça donne une idée de la beauté qu’on peut créer avec somme toute pas beaucoup de ressources : des bacs, un peu de terre, des graines; du savoir-faire, du temps, de la mobilisation. Un magnifique jardin de légumes dans un quartier somme toute pas mal « béton ». J’avais eu le petit contrat, il y a plusieurs années, de prendre des notes pendant une plénière de la Table de concertation et d’intervention pour une garantie alimentaire locale (CIGAL) et il avait été question du manque d’accessibilité des légumes dans Ville-Marie. C’est vraiment stimulant de voir le travail accompli, le processus en route. Bravo! 

En revenant chez moi, j’ai décidé de planter des laitues dans mes bacs à fleurs de balcon. Si ça prend les 45 jours indiqués sur le sachet de graines, ça sortira pour septembre. Oui, il est tard dans la saison. Oui, je suis impliquée ailleurs, autrement, et on ne peut pas tout faire. Mais je trouvais important de commencer maintenant. Commencer petit, tout de suite, aujourd’hui. Pour être en action, apprendre et l’année prochaine repartir d’un peu moins loin. Et nourrir l’enthousiasme!

Je ne suis pas encore décidée, pour le nombre d'exemplaires de la deuxième réimpression. Quelqu'un a des contacts dans les médias qui me permettraient de justifier d'en faire 500? ;)

jeudi 7 juillet 2011

Réimpression! Un franc petit succès

Il ne reste que 10 exemplaires de Cité Carbone dans les humbles bureaux des Humbles Éditions. Un franc succès!

Hi, hi! Small is beautiful, c'est sûr. (Pour ceux qui ne sauraient pas, c'est le titre du livre de E.F. Schumacher, publié en anglais en 1973 avec le sous-titre "A Study of Economics as if People Mattered", sous-titre traduit par "Une société à la mesure de l'homme". Ce qui m'a marqué quand j'ai lu ce livre, il y a plusieurs années, c'est la proposition d'une technologie intermédiaire. Pas besoin de tout faire absolument à la main, mais entre la paire de chaussures absolument unique qui prend deux jours à confectionner et l'usine monstrueuse qui en sort des milliers par jour, on peut avoir un juste milieu, une petite fabrique productive, que les ouvriers seront capables de gérer et de réparer... Fin de la parenthèse.) Donc, un franc petit succès! J'en avais imprimé 200, je serai bientôt sold out. Est-ce que je m'arrête là?

Je suis contente de mon expérience. J'ai été prudente. J'ai rapidement payé l'imprimeur et le graphiste. J'ai même payé un mois de loyer et mon épicerie avec les ventes du livre! Je vous jure, c'est émouvant! Tout comme il est vraiment touchant de recevoir par Internet des commandes de personnes que je ne connais pas!

Et maintenant? Je pourrais en faire imprimer une autre petite quantité, que je vendrais tranquillement. Mais j'ai commencé à faire des démarches pour voir les possibilités d'être distribuée par une compagnie spécialisée, de celles qui s'arrangent pour que les livres soient dans toutes les librairies du Québec. Ce que je trouve intéressant, c'est que le fait d'avoir à mon actif mon franc petit succès, ça me donne espoir que je pourrais être acceptée dans la cour des grands... peut-être. Car quand je mentionne "compte d'auteur", il y a une espèce de petit recul poli dans l'attitude de l'interlocuteur. Je comprends.  À suivre! 

Les compagnies de distribution récoltent 20% du prix de vente du livre, m'a-t-on dit. J'avoue que c'est un peu dur à avaler. Les 40% du libraire, ça se comprend: il faut garder le magasin ouvert, payer le loyer, les employés... Les 30% de l'éditeur m'apparaissent bien petits: 7,50$ sur un livre à 25$, quand l'impression en coûte autour de 5 à 7$! J'imagine que le prix de production baisse considérablement quand on fait des gros tirages, mais à faire ces calculs, on comprend que le monde de l'édition québécoise soit complètement dépendant des subventions! Étant donné que je n'ai pas les avantages du volume, autant dire que j'aurais fait le travail d'édition mais ne toucherait la part de l'auteur, une fois l'imprimeur payé. Je l'ai déjà dit, 10% vont à l'auteur, soit 2,50$ par livre s'il coûte 25$. Alors, le distributeur-diffuseur, qui lui, bien sûr, gère catalogues, relations avec les librairies, employés, camions et entrepôt, se fait tout de même 5$ par livre. Évidemment, c'est plus qu'uniquement du transport, mais ça leur donne quand même 160$ par petite boîte de 32 bouquins! J'avoue que je me sens révoltée en l'écrivant, en ce moment.

Mais je peux aussi voir les choses avec humour: mon tout petit franc succès m'aura peut-être rapporté autant, sinon plus d'argent absolu que si j'avais eu un "vrai livre" en librairie. Selon les sources, on dit qu'en moyenne, un auteur de roman québécois  vend 1200 ou 2000 copies, mais c'est la moyenne... Patrick Dion, sur son blogue, admet 617 copies. Donc, si je me "pars en buisiness" pour le vrai en faisant distribuer Cité Carbone par les réseaux habituels, c'est vraiment pour l'amour de la gloire (!) et pour faire passer le message! Hi! hi!

Bon, j'aurais fait un bout de la réfléxion en public aujourd'hui. J'ai demandé à l'imprimeur une soumission pour 100, 200, 300, 400, 500 copies... À suivre!

jeudi 23 juin 2011

Course d'escargots et Cité Carbone à la Grande bibliothèque

Je suis allée à la Journée de la lenteur, qui avait lieu mardi le 21 juin au parc Lafontaine. Une belle journée d'activités ludiques, spirituelles ou de détente pour prendre le temps de vivre et de respirer. Ce qui m'a fait le plus rire, c'était la course d'escargots. Un homme, très sérieux, expliquait le principe de la course: au milieu d'un enclos de ficelle mesurant peut-être deux mètres de diamètre, il dépose trois escargots; le gagnant est celui qui atteint en premier le contour du cercle, peu importe la direction. Les spectateurs sont invités à choisir un escargot et à l'encourager personnellement. "Mais vous avez le temps d'aller aux toilettes et de revenir; ça leur prend environ 30 minutes."


J'y ai croisé plusieurs amis, entre autres Norman qui m'a dit: "Hé, j'ai vu ton livre dans les nouveautés à la Grande bibliothèque!"

Yé!
Avis aux intéresséEs! Mais en ce moment, il est emprunté (quelle joie pour une auteure!).

Moi, je continue les démarches de diffusion. Je vous en reparle!

mardi 14 juin 2011

De la découverte des États-Unis en train et de l'entreprise à mission sociale (comme Communauto)

En 2005, je suis allée en train jusqu'à San Francisco, pour faire une petite tournée, visiter des personnes engagées pour la simplicité volontaire sur la côte ouest. C'est en m'assoyant dans le train, ici à Montréal, que j'ai ouvert mon cahier et commencé à écrire Cité Carbone. Je m'étais dit: "Il faut que je commence tout de suite en partant, sinon je ne commencerai jamais!"

Avant ce voyage, je n'étais jamais allée aux États-Unis. Je l'avoue, les États-Unis, c'était un concept abstrait pour moi: "les gros méchants américains qui surconsomment, polluent et font la guerre". Et puis j'ai fait le voyage, arrêtant une nuit à New York, puis une couple d'heures à Washington, à Chicago, traversant ensuite une infinité de villes... Le voyage dure quatre jours, et vraiment ce n'est pas l'Europe: le train est lent, et s'il y a des marchandises à faire passer, les convois de passagers s'arrêtent et cèdent la voie. Nous sommes restés arrêtés en plein milieu de nulle part pendant quatre heures, à un moment donné. Et puis à mesure que le voyage avance, le train est de plus en plus sale, il n'y avait aucun recyclage en 2005, alors les poubelles débordaient de bouteilles d'eau, de verres jetables, des boîtes de carton dans lesquelles ils servaient les sandwichs au petit restaurant du train. Ce voyage serait une histoire en soi, avec les rencontres intéressantes, entre autres celle du groupe de Mennonites habillés totalement comme en 1900... la jeune femme enceinte à qui j'avais tenté de parler m'avait dit, un peu paniquée, qu'elle devait demander à son mari... Et au retour (Vancouver-Toronto), ce vieil  Albertain d'origine ukrainienne,qui avait vécu dans une grande misère, enfant, qui était bien sympathique mais se foutait un peu de ma gueule, moi et moi livre qui voulait parler de la fin du pétrole... Mais je ne vais pas tout raconter ici.

Je veux seulement dire que j'ai découvert combien c'était grand, les États-Unis. Concrètement grand. J'ai saisi l'étendue, le nombre de villes, de personnes. La quantité de déchets. La mentalité différente. Mais la diversité aussi: il y a de tout, aux États-Unis.

Je repensais à ça, hier, en prenant conscience que, de la même façon, je suis parfois tellement immergée dans une réalité d'alternatives que je ne perçois plus l'immensité du courant dominant, et la diversité des personnes, des idées qu'on y retrouve, aussi. Et puis j'oublie que c'est un continuum, qu'il des groupes et des personnes tout le long du spectre, pas un grand fossé entre les "alter" et les "mainstream".

Je suis allée hier soir au 5 à 7 où Communauto (clic de droite!) lançait son nouveau logo, sa campagne de pub télé et une espèce de Facebook pour les gens qui souhaitent une ville sans voitures, Communopolis. J'ai mis des pantalons propres, quand même, pour y aller, et j'étais contente car il y avait là beaucoup de monsieurs en complet. Une faune un peu différente de celles des rassemblements où je vais d'habitude (du look décontract jusqu'aux pieds nus)...

Je suis membre de Communauto depuis 2003. J'ai toujours senti chez cette compagnie un réel désir de nous donner le meilleur service possible, et puis ils n'ont jamais cessé d'innover. Vraiment très dynamique. Comme le disait le pdg, Benoit Robert, small is beautiful, mais  pour un service d'autopartage comme celui-là, ça prend un grand volume pour que ce soit intéressant et que ça ait un plus grand impact aux niveaux environnemental et urbanistique. Il mentionnait le mouvement d'entreprises "for benefit" en opposition aux entreprises "for profit" (pour lire un article à ce sujet). Que le conseil d'administration soit responsable de préserver la mission, pas de faire faire des profits à tout prix. Une nouvelle manière de voir les choses, en restant à l'intérieur du système capitaliste. Communauto souhaite d'ailleurs un débat public, avec ses abonnés, avant de décider comment profiter des ressources financières du système (bourse, etc.) sans se faire avaler et perdre la mission. Ça brise le concept des "grosses méchantes entreprises". Benoit Robert me disait qu'en étant l'unique actionnaire, il peut vraiment suivre sa vision, sans perdre de temps en discussions avec d'autres qui voient les choses autrement, comme c'était le cas au tout début quand c'était une coop.

La veille, dimanche, je suis allée à l'assemblée d'Aliments d'ici, qui se tenait dans un salon de l'Ayllu. L'Ayllu, c'est un réseau de logements où des gens vivent collectivement et souhaitent mettre en commun leurs ressources (salons pour des réunions, machines, vélos, outils, passes d'autobus, achats alimentaires, etc.). Une solidarité locale, de petites communautés à petites communautés, pour en former une un peu plus grande et pouvoir vivre et satisfaire ses besoins en étant plus autonome vis-à-vis de l'argent, davantage à l'extérieur du système dominant. Une belle rencontre communautaire. (Je pourrais parler longuement d'Aliments d'ici, qui fait vraiment un super beau travail, entièrement bénévole; j'y reviendrai. Bravo à ses organisateurs!)

C'est sûr que les modèles coopératif et communautaire sont essentiels, et que l'apprentissage du consensus et de la résolution de conflits qu'on y fait est important. Et j'ai encore peur de l'entreprise privée et des structures d'autorité. Mais c'est vrai que quand on a une idée, un projet, un élan pour bâtir quelque chose, ça peut être beaucoup plus simple d'avoir la latitude de décider soi-même. C'est une toute autre échelle, mais je n'aurais pas aimé avoir à consulter un comité et trouver un consensus pour décider de la couverture de mon livre. C'était moi, le boss! J'avoue que j'ai été soulagée de lire que Québec Solidaire, ce printemps, avait enlevé de son plan de société l'interdiction de l'entreprise privée que certains souhaitaient y voir. Les nettoyants Lemieux aussi, c'est un projet d'une seule personne, une entreprise privée. C'est vrai que ça peut aller plus vite et mieux convenir à certaines personnalités, l'entreprise privée.

Deux perspectives vraiment différentes. Moi, je trouve ça génial. Il y a de la place pour tout ça. Et je suis contente d'appartenir à une époque où on ne cherche plus à faire coller la réalité à une idéologie, mais où on cherche plutôt à agir, en fonction de nos valeurs, et où on s'adapte à la réalité, au fil du chemin. Et où je me sens la possibilité d'avoir plusieurs appartenances à la fois. Plus réaliste et moins sectaire, notre époque.

Et pour terminer: il y avait une bonne soixantaine de personnes, malgré le temps très pluvieux, au rassemblement pour dénoncer le Grand Prix, dimanche. J'aime la philosophie avec laquelle c'était organisé: lancer le débat, commencer petit, et continuer année après année. Ce sont des changements qui prennent du temps! Bravo au Mouvement québécois pour une décroissance conviviale!

mardi 7 juin 2011

À vos bibliothèques!

Ça y est! Cité Carbone est dans le système de la grande librairie auprès de laquelle les bibliothèques (de Montréal, du moins) achètent leurs livres! Il l'est jusqu'à la fin de septembre, à moins de ventes!


Donc, si vous fréquentez une bibliothèque montréalaise (ou d'une autre région!), ça me rendrait bien service que dès cette semaine vous y remplissiez le petit coupon de suggestion d'achats de livres avec : CITÉ CARBONE de Jacinthe Laforte aux Humbles Éditions, ISBN 978-2-9812476-0-5.  Si ça vous chante de le faire, tenez-moi au courant!

Et vive les bibliothèques publiques, trésors de culture et d'éducation autonome!

mardi 31 mai 2011

En camping!

Juste un petit mot pour dire que je pars en camping demain!

À venir au retour:

-Page Facebook juste pour le roman.
-Communiqué aux médias
-Peut-être une petite action d'éclat pour faire connaître le livre... à suivre!

Profitez bien du beau temps, je vais saluer les maringouins de votre part!

jeudi 26 mai 2011

Merci aux libraires qui soutiennent les petits auteurs de chez nous!

Pour ceux que ça intéresse, il y a sur la page "Achat" une liste des librairies qui ont pris mon livre en consignation. Et une liste des bibliothèques qui bientôt le présenteront sur leurs rayons.

Au début, j'avais pensé seulement vendre mon livre au lancement et sur Internet, je ne pensais même pas que les librairies prenaient des livres à compte d'auteur. Mais oui! Enfin, ça dépend. Ça dépend du livre, ça dépend des librairies.

Ce que je comprends, c'est que c'est plus compliqué pour les libraires. Ils achètent leur livre d'un distributeur, donc un seul vis-à-vis pour toutes les maisons d'édition. Quand ils prennent un livre à compte d'auteur, ils doivent faire affaire avec une personne par livre et gérer les bons de consignation. Un libraire m'a dit qu'il s'était fait des ennemis, les auteurs n'étant pas contents quand ils revenaient chercher leurs invendus après six mois et qu'on ne savait plus où était leurs livres; une autre m'a avoué que parfois elle mentait, disant qu'elle en avait vendu un, pour que l'auteur vienne chercher son "argent" (l'ensemble de ses livres, non vendus), car autrement, les auteurs qui ont déjà des caisses de livres chez eux abandonnent leurs petits aux libraires, qui doivent gérer leur espace limité et donc envoyer au recyclage les livres abandonnés. Eh non, un livre qui ne se vend pas ne reste pas sur les tablettes ad vitam eternam, dans le magasin, au cas où...Certains libraires acceptent de voir mon livre en soupirant, d'autres me disent de ne même pas le sortir de mon sac.

Mais j'en ai rencontré un vraiment très gentil, hier. Patrick Pilote, de la librairie Raffin de la Plaza Saint-Hubert (clic de droite svp, je n'arrive plus à faire ouvrir les liens dans une nouvelle fenêtre!). Il m'a fait entrer dans son bureau, m'a expliqué comment fonctionnent certains rouages de la vente de livres. Pour lui, les libraires ont un rôle de diffusion de la culture, il trouve normal qu'on donne une chance aux auteurs qui se lancent à leur compte. Je voulais le souligner ici, car les personnes bienveillantes et gentilles, le long du chemin, sont vraiment importantes pour propulser un projet!

Pour ceux que ça intéressent, les librairies ont d'ordinaire 40% du prix du livre. L'auteur, 10%. Je ne trouve pas en ce moment les chiffres pour le distributeur et pour l'éditeur. Je vous le dirai quand je les aurai. En voyant le travail nécessaire pour l'édition, la promotion et la distribution, c'est plate à dire mais je vois pourquoi on en donne si peu à l'auteur. Je ne crois pas que les éditeurs et les distributeurs accepteraient de travailler pour à peu près rien, vu qu'ils n'ont pas la gloire d'avoir leur nom sur un livre (!). Jacinthe, arrête! Tu adoptes le discours de l'artiste incomprise! C'est sincèrement une grande joie que d'être lue. ET je ressens beaucoup de satisfaction quand les sous arrivent en plus. Je n'ai pas l'attente de vivre de mon écriture créative, mais il se pourrait bien qu'en 2011 je paye un mois de loyer avec Cité Carbone! Je peux d'ailleurs dire avec fierté et gratitude que l'imprimeur et le graphiste sont déjà payés par les ventes à ce jour. Un gros succès! Merci à mon réseau! Mais je dois dire aussi que je commence à avoir des commentaires d'inconnus. C'est vraiment touchant!

Je voudrais remercier aussi Stéphane Batigne des Éditions Mille et une vies (clic de droite svp) qui me donne gentiment des pistes très utiles. Entre autres, il m'a fait découvrir la Commission de droit de prêt public, qui donne des redevances aux auteurs dont les livres sont en bibliothèque. "C'est important: ça peut te rapporter plus de 200$ par an." Pour cela, il peut valoir la peine pour moi de donner des livres aux bibliothèques publiques... Car ça semble n'être pas si évident de se faire acheter par les bibliothécaires, qui ont semble-t-il à Montréal un contrat d'exclusivité avec une grande chaîne que je ne nommerai pas (et qui ne retourne pas mes appels). Mais l'info est un peu embrouillée là-dessus, car M. Pilote de Raffin m'a dit que les bibliothèques peuvent aussi acheter auprès d'autres librairies déterminées de leur secteur... Bref, il me reste du débroussaillage à faire. Le métier qui rentre. Je ferai un bel article bien clair quand j'aurai trouvé.

Si vous avez lu le roman et que ça vous dit de laisser un commentaire sur la page "Roman", ça serait génial! Je ramasse mon courage pour faire un envoi aux grand médias bientôt. MERCI!

mardi 17 mai 2011

Une bibitte unique qui sort de son oeuf



(Voici le "discours de l'auteure" lu lors des lancements du roman)
« Small is beautiful ». C’est le parti pris que vous trouverez dans Cité Carbone. Mais vous n’y trouverez pas de méchants, car au bout du compte, on est vraiment tous dans le même bateau ivre en déroute: une planète merveilleuse à la diversité époustouflante.

Ce que j’ai envie de vous dire ce soir tourne autour de deux mots. Le premier : conscience. Conscience que nous sommes touts reliés, ce qui rime avec entraide, avec appartenance, avec amitié. Conscience que l’individualité est une biodiversité inaliénable et l’individualisme, une maladie de l’ego qui se pense séparé du Tout. Une maladie qui se soigne!

Le deuxième mot : créativité. Nous, les êtres humains, avons en nous (et je dis bien le « nous » pluriel), toutes les ressources pour inventer un monde harmonieux et profondément écologique. Un monde qui a conscience qu’il vit dans son bain : ce que je veux dire par là, c’est que quand on se lave les cheveux dans le bain, après, l’eau sale nous colle dessus! La planète, c’est pareil, tout ce qu’on y jette nous affecte aussi, un jour ou l’autre, plus ou moins directement. Nous avons tout pour inventer de nouvelles manières de faire. Par exemple : puisqu’on est capables de bâtir des fusées pour aller sur la lune, à quand des parapluies garantis à vie?

Ma conscience et ma créativité se sont concrétisées en un roman. Publier Cité Carbone aux Humbles Éditions, c’est parachever un processus commencé en 2004 - mais en fait, c’est depuis 1987 que je sais que je veux écrire des romans, alors vous pouvez imaginer ce que ce premier livre peut signifier pour moi. Le processus d’écrire, réécrire et encore réécrire, d’être lue, critiquée, et de persévérer, de réécrire, d’essuyer des refus, et de persévérer, et finalement de choisir de donner au monde ce que j’ai fait, malgré l’imperfection, malgré les peurs, c’est le courage et l’humilité d’une bibitte unique qui se décide à sortir de son oeuf avec sa forme et sa couleur uniques, parmi les toutes les autres bibittes du monde, pour vivre sa vie et contribuer à l’écosystème.

J’en suis venue à comprendre que ce qui est important, avec l’art, ce n’est pas qu’il réponde aux critères des institutions. C’est qu’il circule! Qu’il contribue à la vivacité des idées, des émotions, mais aussi qu’il rassemble les gens. Ainsi, l’art, la littérature, c’est une rencontre de la conscience et de la créativité pour engendrer de nouvelles associations, de nouveaux possibles, de la beauté et du plaisir.

Et cela, surtout quand l’avenir paraît sombre. Parce que il y a de l’espoir, même pendant… la nuit!

(Suivait une magnifique chanson de Jorge Millones (Pérou) interprétée par Amaru et dont voici les paroles, en espagnol et rapidement traduites en français par votre humble écrivaine...)

La noche 

La noche quiere tragarse mis manos y mi corazόn
y sus estrellas me siguen a donde quiera que voy

Ha elaborado penumbras y me arrancό esta canciόn
Rememorando cadalzos y espinas de inquisiciόn

Creo que sospecha que tengo una luz
que comúnico en cada canciόn
Creo que sospecha de mi poder susurra a mi oído que me va joder

Si la noche descubriera cuan hermoso puede ser
dar a luz los viejos sueños en un nuevo amanecer
llorarían sus estrellas su pequeña inteligencia
toda su moral crustacia su sabiduría negra
Si la noche me cogiera por el flanco del amor
sería un desaparecido parecido al ruisenor
Dejaría esta canciόn escondida en un recuerdo
para aquella quien yo amaba
pero no pudo entenderlo

Esa noche tiene su luna con ojos de reflector
y carcome lo hermoso de paranoia y dolor
toda epoca oscura
tiene su noche mortal pero
tambien ya sabemos que es el sol su verdugo fatal

Creo que sospecha que tengo una luz que comunico en cada canciόn
Creo que sospecha de mi poder y susurra a mi oído
que me va a joder

 (repite la parte entre lineas)
  
La nuit

La nuit veut avaler
mes mains et mon cœur
et ses étoiles me suivent peu importe où je vais
Elle a concocté de la pénombre et m’a arraché cette chanson, 
rappelant les bottes et les épées de l’inquisition

Je crois qu’elle se doute que j’ai une lumière
que je transmets dans chaque chanson
Je crois qu’elle se doute que j’ai du pouvoir
Elle me murmure à l’oreille qu’elle va m’avoir!

Si la nuit découvrait à quel point il est beau
de mettre au monde les vieux rêves
en un jour nouveau
ses étoiles pleureraient sa pauvre intelligence
sa moralité de crustacée
et sa sagesse obscure
Si la nuit me prenait par le flanc de l’amour
je serais un disparu pareil au rossignol
je laisserais cette chanson
cachée dans un souvenir pour celle que j’aimais
mais elle ne pourrait pas comprendre.

Cette nuit projette sa lune comme des yeux de réflecteurs
et ronge la beauté
de paranoïa et de douleur
Toute époque obscure
a sa nuit mortelle
mais aussi nous savons déjà que le soleil
est son bourreau fatal

Je crois qu’elle se doute que j’ai une lumière
que je transmets dans chaque chanson
Je crois qu’elle se doute que j’ai du pouvoir
Elle me murmure à l’oreille qu’elle va m’avoir!

(répéter passage encadré)

lundi 18 avril 2011

Il reste toujours des fautes

L'autre jour, ma soeur partageait avec moi son étonnement de trouver des erreurs de français dans un livre publié par une maison pourtant reconnue et sérieuse. Je lui répondais qu'il en reste toujours, des fautes.

Moi aussi, je suis le genre à les corriger, les fautes, dans les livres que je lis. Elles me sautent aux yeux.

Alors dites-moi pourquoi, après quatre lectures complètes et attentives par trois personnes différentes (dont moi), lors d'une dernière lecture "de perfectionnisme", j'ai trouvé des "petites maison" et des "jusqu'au genoux"? C'est peut-être parce que je l'ai lu à l'envers, de la dernière page à la première. Il paraît que ça permet de mieux voir, puisque les habitudes du cerveau sont déconstruites. Ça semble fonctionner! Donc, ces nouvelles corrections retardent mon échéancier de quelques jours, mais pas encore de panique à avoir, le livre sera prêt avant le lancement.

Vraiment, la publication de mon roman est une pratique de lâcher prise et d'humilité, car je dois accepter qu'il va sûrement en rester encore quelques-unes, des petites coquilles...  Si vous en voyez, quand vous le lirez, dites-le-moi, d'accord? Je pourrais retarder le tout de quelques semaines, je pourrais réécrire encore quelques phrases pour une huitième fois, me casser la tête encore quelques heures avec certaines virgules, me payer une relecture d'épreuves professionnelle par quelqu'un d'autre, le relire encore une fois... Mais je pense que le bébé a envie de prendre l'air.

C'est drôle: de lire et relire comme ça ce roman, ça me fait le comprendre autrement, y voir de nouveaux liens, auxquels je n'avais pas pensé. Un peu comme quand on fait une analyse littéraire. Les trajectoires des différents personnages se rejoignent par certaines images, au-delà de ce que j'ai intentionnellement construit. Je ne vous donne pas de détails, à vous de faire votre propre lecture...

vendredi 15 avril 2011

Souper simplicité volontaire

Il y a un souper spaghetti au bénéfice du Réseau québécois pour la simplicité volontaire, le samedi soir 30 avril. Honnêtement, j'ai hâte

Pendant plusieurs années, quand j'étais coordonnatrice du Réseau québécois pour la simplicité volontaire et même après, j'étais "Madame simplicité volontaire". Je disais ces mots-là quatre-vingt-dix fois par jour au moins et les gens m'associaient beaucoup à ça.

D'ailleurs, ça a dès le début été quelque chose comme une évidence. À dix-huit ans, quand j'ai lu pour la première fois le livre de Serge Mongeau, La simplicité volontaire, plus que jamais (Écosociété), que ma mère m'avait offert pour mon anniversaire, j'ai pensé avec la prétention de la jeunesse qu'il n'y avait rien là: "Bien oui, c'est évident!" Quelques années plus tard, je travaillais au Réseau, et ça a été de merveilleuses années. Quoi de plus exaltant que de collaborer avec des gens qui ont remis leur vie en question, qui ont fait des choix en fonction de leurs valeurs, qui cheminent pour être congruents, libres et heureux! Pas beaucoup de "Pas le choix!" dans cette gang-là. Au contraire, il y avait beaucoup de créativité et de courage de voir et de faire les choses autrement. Et puis énormément d'honnêteté par rapport aux inévitables contradictions, presque pas de course à la sainteté écologique, beaucoup de liberté de parole et d'authenticité.

En 2005, j'ai quitté l'emploi au Réseau. Je suis restée impliquée l'année suivante, puis j'ai pris un peu de distance, restant une "membre en règle", mais plutôt absente. J'approfondissais autre chose.

Et si j'écris ça, c'est parce que je suis allée dernièrement à un souper pour l'anniversaire de quelqu'un du Réseau, et que j'ai eu vraiment du plaisir à retrouver cette gang. Des réflexions profondes, oui, beaucoup d'humour, des beaux projets à partager. C'est vraiment la joie de vivre et l'authenticité qui sont ressorties pour moi de cette rencontre.

Alors c'est vraiment par pur plaisir de partager avec vous quelque chose d'agréable et d'enrichissant que je vous transmets l'info. Peut-être qu'on se verra là?


(J'arrête ici, je vais aller faire ma vérification d'épreuves: un beau petit livre aux pages pas collées! J'ai eu "le motton" quand je suis allée le chercher chez l'imprimeur mercredi matin. Le bébé se montre la tête!)

mercredi 13 avril 2011

Petit cauchemar prélancement

Ouf! J'ai rêvé au lancement... Ça commençait que mes parents devaient partir avant même que ça ait commencé, alors ils me tendaient des sous pour acheter le livre et... je me rendais compte que j'avais oublié de passer chercher les livres chez l'imprimeur! Je demandais à mon père si on pouvait faire un aller-retour chez l'imprimeur pour aller les prendre, mais je me rendais compte qu'ils n'allaient être prêts que la semaine suivante. Aïe!

C'est normal d'avoir le trac, même inconsciemment, j'imagine?