dimanche 30 août 2015

Saveurs locales: toujours au goût du jour? (Et livre de recettes gratuit!)

Un article d'Annick Dallaire, auteure avec Martine Emond de Saveurs locales : Recettes simples et saines pour apprêter nos aliments d’ici  (maintenant gratuitement en ligne en PDF!)

Déjà trois ans que Saveurs locales a été publié! Toujours aussi motivée à la cause de l’alimentation locale, je me demande aujourd’hui si le Québec avance bien dans cette voie. Même si l’agriculture reste une chasse gardée, les frontières s’ouvrent avec la mondialisation néolibérale, comme en témoigne le nouvel accord de libre-échange conclu récemment avec l’Union européenne. 

45.jpg
www.photo-libre.fr
Ceci dit, l’engouement pour l’alimentation est bien réel, des diètes amincissantes aux nouveaux modes d’alimentation tels le régime paléolithique, le végétalisme, le crudivorisme et le locavorisme. Mais est-ce par souci réel d’offrir la meilleure nourriture possible à notre corps ou par peur de voir nos aliments nous rendre malades?

Le développement de la gastronomie au Québec favorise certainement l’alimentation locale. De plus en plus de restaurateurs s’approvisionnent directement dans les petites fermes pour obtenir des produits de niche, fraîcheur et qualité (notamment avec la plateforme Provender). Le restaurant Manitoba (sur la rue Saint-Zotique à Montréal), qui se spécialise dans les plats locaux et biologiques, n’a-t-il pas été nommé en 2014 « meilleur restaurant de l’année » par le Eater Award?

La formule « commandez en ligne » chez le producteur simplifie l’accès aux produits locaux, s’ajoutant aux fameux « paniers bio ». J’en profite pour mentionner l’ingénieuse entreprise Lufa qui cultive sur les toits de Montréal en réutilisant la chaleur libérée par les immeubles, contournant le fameux dilemme :  « les serres au Québec, c’est local, mais c’est moins écologique! » Pas quand la technologie est utilisée à bon escient!

Les petits marchés de quartiers améliorent aussi l’accessibilité des aliments locaux. On voit même des marchés ambulants sur des vélos qui desservent des quartiers où l’offre de fruits et légumes frais est défaillante.

31.jpg
www.photo-libre.fr
Même si l’alimentation biologique et de qualité demeure l’apanage des plus riches, de réels efforts visent à la démocratiser. Cuisines collectives, jardins communautaires et collectifs, enseignement de la culture en bac et sur les balcons, groupes d’achats collectifs… Si on veut, on peut!

Bref, je ne peux qu’être encouragée devant tant de beaux projets. Cependant, des mouvements trop ambitieux tentent toujours de rendre accessibles aux quatre coins du monde nos denrées alimentaires, traitées comme n’importe quelle marchandise, sans égard à l’importance de leur fraîcheur et du maintien d’une agriculture locale, forte et solidaire.
 
28.jpg
www.photo-libre.fr
Dans un monde qui continue d’accélérer, Saveurs locales, le livre de recettes que j’ai élaboré avec Martine Emond, propose des solutions accessibles pour s’alimenter localement. Les recettes simples qu’il contient permettent de profiter de toutes les saveurs et les bienfaits de nos aliments en passant un minimum de temps à la cuisine.

J’espère sincèrement que le Québec continuera sur sa lancée locavore et que nous aurons un accès toujours plus grand à nos aliments d’ici. Le foisonnement des projets et les énormes efforts de nos jeunes entrepreneurs et agriculteurs me donnent beaucoup d’espoir en l’avenir.

Depuis 2012, les Humbles Éditions ont distribué le livre de recettes Saveurs locales, notamment en librairie, aux participants du groupe d’achats d’Aliments d’ici et au marché fermier du GRIP UQAM. Les exemplaires restants ont été remis au Regroupement des cuisines collectives du Québec. Dans le but de continuer à soutenir le locavorisme, Saveurs locales (version PDF) est maintenant offert gratuitement sur ce site. Je vous invite à le télécharger, mais surtout à l’utiliser et à y aller de vos propres essais de recettes locales afin de construire une nouvelle culture alimentaire locale!

-- -
Note des Humbles Éditions : Merci à Annick et Martine pour leur confiance. Merci à Nathalie Vital, relationniste de presse qui, en 2012, a participé au rayonnement de Saveurs locales et à Annie Garand, qui a contribué à une nouvelle révision de l’index. Et merci encore à toutes les autres personnes qui ont participé au projet (notamment Michael Brophy, Jean-Claude Ménard, Frédéric Lemire, Gabrielle Champagne, Denise Boulais, Véronica Rioux et Ulysse Bourassa)! – Jacinthe Laforte

 


jeudi 23 juillet 2015

Des adolescents dans un camp d'Artisans de paix

Du 29 juillet au 7 août 2015 aura lieu au Vermont le camp multilingue "Révolution: Artisans de paix", qui recevra des adolescents du Québec et d'un peu partout dans le monde.  J'en parle ici parce que suis touchée par ce projet: offrir à des jeunes une telle expérience de connexion à la nature, aux autres et à eux-mêmes, voilà qui est plein de sens pour moi.

Play in the Wild, l'organisme qui offre le camp, est l'oeuvre d'animateurs québécois et américains. Je connais bien la partie québécoise de l'équipe, car j'ai participé à quatre camps communautaires avec Mélanie Whitham, Colin Perreault et Arielle. Leur approche est celle de la Communication NonViolente (CNV) de Marshall Rosenberg, un grand homme (décédé cette année) qui alliait psychologie, relations interpersonnelles et enjeux politiques (il facilitait des rencontres avec des gangs de rue, entre peuples en guerre, etc.). 
 
Les organisateurs ont mis sur pied un tirage de magnifiques objets artisanaux pour financer la participation de tous les jeunes intéressés, dont certains nouveaux immigrants réfugiés. Il reste quelques jours pour finir d'amasser les fonds nécessaires. ET UN DONATEUR VA AJOUTER UN DON ÉQUIVALENT À LA VENTE DE BILLETS DE CETTE SEMAINE. J'ai acheté quelques billets moi-même et je passe maintenant le mot! 

Je suis très reconnaissante d'intégrer peu à peu la CNV dans ma vie, car cette approche rend POSSIBLE la participation citoyenne, le soin de soi et les relations authentiques et libres (dans l'ordre qu'on veut!), à partir de l'élan sincère du coeur. Donc, ça favorise un changement en profondeur.

Alors je vous invite, si le coeur vous en dit, à considérer participer au tirage de financement du camp, en achetant un, deux ou trois billets, pour que ces adolescents puissent y vivre un expérience transformatrice qui va sans aucun doute rayonner dans le monde pour de nombreuses années!
 
 
  "Play in the Wild permet aux jeunes (et aux adultes) de mettre en pratique ce qu'ils apprennent."
"Une chose que j'ai apprise l'année dernière, c'est que je n'ai pas besoin d'appareils techno pour m'amuser; seulement d'être avec des gens." Source: playinthewild.org/wilds/camp-communautaire-se-brancher-coeur-2/ z   

 

mardi 7 juillet 2015

Indiscrétions publiques et autres nouvelles de juillet

Bonjour!
Je vous écris depuis l'Espace Art Nature de Neuville, où je prends une semaine pour travailler intensivement sur le tome 2 de Cité Carbone entre deux baignades dans le fleuve. Avec la méthode "petit train va loin" que j'utilise le reste de l'année (une heure d'écriture le matin du lundi au vendredi), j'ai déjà presque un premier jet. On peut donc espérer la publication du tome 2 en 2016.

Raisins qui mûrissent au soleil sur balcon verdunois
Par ailleurs, je voudrais vous informer de la présentation des Indiscrétions publiques par le Théâtre du Ricochet.

Il s'agit d'un parcours théâtral sur des thèmes d'intérêt public qui sera présenté gratuitement dans des parcs de Montréal. Les Indiscrétions publiques comptent huit petites pièces de théâtre... dont une écrite par moi! J'ai vu la générale et je vous recommande le spectacle, plusieurs des performances valent le détour. Et quel plaisir pour moi que de voir mes personnages prendre vie en chair et en os. Je souhaite le même sort à Marie-Sophie et sa gang!

Enfin, les Humbles Éditions et les auteures de Saveurs locales, Annick Dallaire et Martine Emond, rendront accessible gratuitement le livre de recettes 100% locales (en PDF). Bientôt sur ce site! N'oubliez pas de vous inscrire à l'infolettre si vous voulez recevoir un avis.

Sur ce, bon été! Je retourne écrire et me documenter. Et, bien sûr, continuer à profiter de la belle nature estivale!

dimanche 27 avril 2014

Recettes locales pour l'été qui s'en vient

Le livre de recettes d'Annick Dallaire et Martine Emond, Saveurs locales: recettes simples et saines pour apprêter les aliments d'ici, a terminé son séjour en librairie, où il a connu un accueil sympathique de plusieurs libraires et acheteurs.

Les exemplaires qui sont revenus de ce voyage ont un peu de vécu (les couvertures sont un peu défraîchies). C'est pourquoi les Humbles Éditions les offrent à prix réduit (15 $ + tx et livraison). Si vous souhaitez en acheter 10 exemplaires et plus, nous vous ferons un prix.


Bon printemps, le beau temps va finir par arriver! Apprécions les petits bourgeons et préparons les semis!


mardi 10 décembre 2013

Voeux d'abondance

Après mon billet sur La fin de l'abondance, je m'en viens vous en souhaiter, de l'abondance, en ce temps des Fêtes.

L'abondance qui vient de pleinement choisir comment on les passe, les Fêtes, et avec qui. De se donner le droit de dire non; et de dire oui, aussi. De donner avec le coeur, dans une réelle générosité, en conscience des liens qu'on honore. De recevoir avec le coeur, sans entrave des histoires qu'on se raconte sur la surconsommation. De mettre de côté les récriminations pour goûter à la connexion (qui permet une bien meilleure transmission).

J'irais même jusqu'à vous souhaiter de la plénitude.

Mon présent à moi, si vous souhaitez offrir Cité carbone en cadeau: la taxe et l'envoi offerts par la maison. (Commandez avant le 13 décembre pour vous assurer de le recevoir à temps!)

Joyeuses Fêtes!

vendredi 8 novembre 2013

La fin de l’abondance – Compte-rendu de lecture



J’ai terminé récemment la lecture de La fin de l’abondance de Michael Greer, paru en français ce printemps chez Écosociété.

Le titre original anglais, The Wealth of Nature : Economics as if Survival Mattered (qu’on pourrait traduire assez littéralement par « La richesse de la Nature : une économie pour la survie » ou « ... comme si la survie était importante »), fait allusion à deux ouvrages dont Greer parle effectivement. Premièrement, La Richesse des nations, le fameux ouvrage d’Adam Smith publié en 1776, au début de l’ère industrielle en Angleterre, qui posait les bases de ce qui deviendrait la théorie économique actuelle (la « main invisible du marché », c’est de lui). Ensuite, Small is beautiful : Economics as if People Mattered  de E. F. Schumacher (1973; publié en français en 1978 avec le sous-titre Une société à la mesure de l’homme). Le premier est en quelque sorte à l’origine des illusions qui mènent notre monde à sa perte et le second propose des pistes de solution. 

Selon Greer, la civilisation industrielle est sur son déclin et aura été une exception dans l’histoire de l’humanité. Une exception due au pétrole, source énergétique concentrée inégalable qui tire à sa fin, le pic pétrolier ayant été atteint. Or, le développement technologique aurait suivi la découverte du pétrole, et en dépendrait. Même l’Internet serait difficilement soutenable sans hydrocarbures, car les ordinateurs, s’ils consomment relativement peu d’énergie à l’utilisation, dépendent d’un système industriel énergivore et de fermes de serveurs qui elles, consomment beaucoup. Greer explique à l'aide de la loi de la thermodynamique que seule une énergie extrêmement concentrée peut soutenir une telle productivité, à cause de la perte de chaleur inévitable lors de la transformation. Mais pourquoi les gouvernements ne se penchent-ils pas sur la question?

En bref, Greer explique que les théories économiques qui datent d’Adam Smith et mènent le monde ne prennent pas en compte la réalité, ni physique ni sociale (il le démontre notamment à partir de la bulle immobilière qui a causé tant de dommages aux États-Unis. Cette partie de l’ouvrage est complexe et m’a fait penser qu’il me manquait un cours d’économie 101 pour bien suivre — ce qui appuie les dires de Greer quand il affirme que le monde occidental a atteint un niveau d’abstraction tel que la majorité des gens ne comprennent pas comment fonctionnent les rouages dont dépend leur vie quotidienne). Les prévisions des économistes se basent sur la théorie de l’offre et de la demande, prévoyant une augmentation de l’offre de pétrole en fonction de la demande, sans que la provenance de ces hydrocarbures soit encore déterminée. De plus, le monde financier multiplie à volonté des richesses virtuelles qui n'ont plus aucun lien avec la richesse réelle, donc les biens réels (terrains, récoltes, matières premières, produits), ce qui crée un système extrêmement fragile, qui peut s'effondrer à tout moment.
 
La fin de l’abondance émet l’hypothèse d’une diminution par paliers de notre niveau de vie, diminution qui ne sera pas optionnelle, mais qui se fera nécessairement — d’ailleurs, elle serait déjà commencée. Selon Greer, des crises amèneront les gens à vivre plus simplement, puis la situation s’améliorera un peu avant une autre diminution. Graduellement, nous en viendrons à un mode de vie plus près de la subsistance, comme dans le tiers-monde. 

Crédit: Mathieu Carpentier
Pour proposer des pistes d’adaptation, Greer s’appuie en bonne partie sur Schumacher et sa notion de technologie appropriée (ou intermédiaire) : il s’agit d’outils de base et de machines simples permettant une production plus efficace qu’à la main, mais ne requérant pas les investissements énormes nécessaires à la construction d’usines; surtout, cette technologie fournit à un grand nombre de personnes un gagne-pain autonome et décentralisé. Greer donne l’exemple de petits métiers à tisser permettant à des artisans de doubler leur production, sans les envoyer dans des manufactures où il perdent, dans le bruit et les contraintes, le contrôle de leur gagne-pain au profit d’actionnaires éloignés. Greer propose à ce sujet une analogie comique entre un robot, Al, et une travailleuse, Rosy, énumérant les avantages de la travailleuse humaine, entre autres le fait qu’elle ne requière que de l’énergie solaire (à travers les plantes et les animaux qu’elle mange) et qu’elle se reproduise « toute seule », tandis qu’Al, lui, demande de l’électricité et coûte cher à remplacer. Les moyens de transport actifs aussi sont des exemples de technologie intermédiaire.

Ce ne sont que quelques éléments de ce livre que j’ai trouvé agréable à lire en général, l’auteur ne manquant pas d’humour, et qui a suscité plusieurs conversations avec mes proches et des réflexions sur la complexité du monde.

La fin de l’abondance... d’une certaine abondance, oui. Mais qu’est-ce vraiment que l’abondance? 

* * *
Michael GREER. La fin de l’abondance. L’économie dans un monde post-pétrole, Montréal, Écosociété, 2013.

samedi 2 novembre 2013

Les lecteurs témoignent en vidéo!

Avec beaucoup de joie et de gratitude, je partage avec vous la vidéo (de 2 min.) dans laquelle des lecteurs et lectrices de Cité carbone témoignent de leur appréciation du roman. Malgré que le thème de la fin du pétrole puisse être lourd, il ressort de leurs commentaires un enthousiasme qui me donne des ailes pour l'écriture de la suite!



(Un gros merci à tous les participants et à Jacqueline Mallette pour l'aspect  technique.)

Si vous avez envie de découvrir l'univers et les personnages de Cité carbone, ou de le faire découvrir à d'autres (notamment pour vos cadeaux de Noël), vous pouvez:
1- demander à votre bibliothèque de l'acheter pour vous;
2- le commander à votre libraire (il est distribué par Édipresse depuis novembre 2014);
3- le commander en ligne, version papier;
4- vous procurer la version numérique (PDF, EPUB ou Kindle). Si l'argent est un obstacle, écrivez-moi et on s'arrangera! L'important, c'est que ça circule.

Le saviez-vous? Vous pouvez télécharger gratuitement des logiciels pour lire un livre EPUB sur votre ordinateur; ce site en présente quelques-uns.


Merci et bonne lecture!